(Le Soleil-MC) - Plus que leurs meilleurs adversaires, ce que les athlètes conviés aux Jeux olympiques de Pékin redoutent par-dessus tout, c’est la chaleur. Plusieurs dépensent donc des milliers de dollars pour aller s’entraîner aux points les plus chauds du globe, afin de s’acclimater. Marie-Hélène Prémont, elle, a trouvé l’endroit idéal pour recréer l’été chinois à Château-Richer, à quelques pas de sa maison : son cabanon!
À un mois de l’ouverture des Jeux, et à 44 jours de son épreuve, la spécialiste du cross-country en vélo de montagne confirme que sa préparation olympique est commencée, son «entraînement à la chaleur aussi».
«Je regardais pour aller à l’étranger, j’étais sur le point de partir pour l’Arizona, la semaine dernière. Mais là-bas, il a beau faire 40 °C, ça reste sec, alors qu’en Chine, c’est une chaleur humide», a expliqué Prémont, mercredi midi, en marge de la conférence de presse du Vélirium.
«Dans mon cabanon, chaque fois que j’y allais, je trouvais tellement qu’il faisait chaud. Alors j’ai décidé d’installer mon vélo stationnaire dedans! C’est bien isolé, à cause du bruit de la pompe à piscine, ce qui rend ça encore plus humide», a raconté l’ingénieuse rouleuse, devant un parterre incrédule. Les conditions, dans sa maisonnette de jardin, où elle pédale de 30 à 60 minutes par jour ? «C’est 37, 38 °C et de 40 % à 50 % d’humidité», a-t-elle mesuré.
Sous le soleil pékinois, qu’elle rejoindra le 18 août, Prémont prévoit un mercure avoisinant 36, 37 °C, mais aussi une pollution ambiante étouffante. «Pour la pollution, par contre, je ne suis pas rendue à me brancher sur un tuyau d’échappement d’auto», a rigolé celle qui, en prévision des derniers JO, en 2004, s’était imposé des séances de sauna pour habituer son corps à la chaleur aride de la Grèce. «Je n’avais pas de cabanon à ce moment-là», a blagué la vice-championne olympique en titre.
La dernière course?
À 30 ans bien sonnés, l’illustre sportive de la Côte-de-Beaupré ne fait pas de cachettes sur sa retraite, au terme de l’actuelle campagne. «Pour moi, ça regarde plus vers la fin que vers le début.»
Elle refuse toutefois de faire de la prochaine étape de Coupe du monde, celle du Mont-Sainte-Anne, le 27 juillet, sa dernière à vie sur «son» parcours, devant «sa» foule. «Je ne veux pas embarquer là-dedans», a-t-elle dit, un peu mal à l’aise. «Je ne veux pas que les gens viennent pour voir MA dernière course. Je pourrais la faire les années prochaines», même si elle ne suit plus le circuit mondial.
Quant aux Jeux, ce sont sans aucun doute ses deuxièmes et derniers, peu importe le résultat. «Je ne rembarque pas dans un autre quatre ans, c’est sûr», a-t-elle tranché. De cette course «pas comme les autres» au «niveau de stress très élevé», elle sait très bien que «beaucoup de monde espère une médaille, je la souhaite aussi, mais on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise journée ou d’un bris mécanique».
Le fil d’arrivée olympique ne constituera toutefois pas la fin de sa carrière, puisque deux étapes de Coupe du monde resteront toujours à courir, en Australie et en Autriche, où elle pourrait bien terminer comme grande vainqueure du classement général de la saison, sa dernière.
Publié par : Marcel Charland
à 15:36:48
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